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  • Mise à jour : 25/04/2007 à 11:32
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  • Supplément à l'article - South African Insight: "L'Afrique du Sud et la criminalité"
  • ...suite et fin de l'article du "Herald"
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Supplément à l'article - South African Insight: "L'Afrique du Sud et la criminalité"

24 avril 2007

Salut à tous,

Une petite nouvelle personnelle pour commencer: j'emménage dans un appartement jeudi 26 avril! Deux chambres à coucher, salon, cuisine et salle de bain. Il n'est pas absolument phénoménal mais a une vue superbe sur l'océan et... le nouveau stade de foot en construction. Je vais donc emménager avec, en tout et pour tout, un rucksack et une valise!! Cela fera du néanmoins du bien d'avoir un chez soi pour la première fois depuis longtemps.

Sinon, pour faire suite à ma tribune sur « La criminalité en Afrique du Sud », je vous annexe ici la Une du jour du journal de Port Elizabeth « The Herald ».

Premièrement, il illustre parfaitement la problématique et le contexte de violence et de rudesse dans lequel beaucoup vivent. Deuxièmement, il démontre clairement le fait que TOUT le monde est victime de la violence, à un point tel que dans les townships, ce sont souvent les communautés locales qui se font justice, en battant (parfois à mort...) les coupables sur la place publique. Pour l'avoir déjà vu, cela fait froid dans le dos, mais c'est une méthode populaire ici! Au vu de l'état des prisons et de la culture du gang qui y règne, je ne sais pas s'il est préférable de se faire battre sur la place publique ou sodomisé en tôle... Les deux sont en tout cas des pratiques tout à fait communes!

L'article démontre bien l'ambiguïté relevée dans ma tribune, à savoir qu'il y a généralement une bonne volonté de la part de la police, qu'il y a un cadre juridique, mais que le manque de structure, de moyens et d'efficacité policière permet encore aujourd'hui largement une justice populaire brutale...
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#Posté le mardi 24 avril 2007 11:27

Modifié le mercredi 25 avril 2007 11:32

...suite et fin de l'article du "Herald"

24 avril 2007

...suite et fin de l'article du "Herald"
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#Posté le mardi 24 avril 2007 11:12

L'AFRIQUE DU SUD AU QUOTIDIEN

22 avril 2007

L'AFRIQUE DU SUD AU QUOTIDIEN

Bon, afin de couper directement court à toute remarque désobligeante, je me vois obligé de commencer par présenter mes plates excuses: en idéaliste, j'avais prévu de mettre à jour ce blog toutes les 3 semaines. En réaliste, j'avais tout de même indiqué que le pari était osé... Et pour cause, c'est donc 4 mois qu'il m'aura fallu pour faire le pas! Me connaissant, c'est une situation qui risque de se répéter alors il va falloir prendre ce blog comme (et si...) il vient! En effet, j'ai toujours préféré « vivre » que « relater ». Si on y ajoute ma paresse naturelle, un séjour en Suisse en février, un agenda plutôt copieux, des jours qui passent plus vite les uns que les autres, une dose d'individualisme et finalement une période difficile au sein d'IMBEWU South Africa ces derniers mois, me voici seulement aujourd'hui à rattraper les semaines de silence...

En ce qui me concerne, les nouvelles sont plutôt bonnes, même si les mois de février et mars furent difficiles au travail. Mon arrivée en décembre dernier a contribué à provoquer une importante crise organisationnelle qui couvait depuis quelque temps déjà. Des changements structurels importants ont dû être mis en ½uvre dans le cadre de l'important développement que connaît IMBEWU. Ces changements ne sont pas allé de soi et ont souffert d'une situation complexe, qui mêlait amitié, relations personnelles, professionnelles et organisationnelles, différences sociales et culturelles, etc...

S'il n'est pas ici opportun de rentrer dans les détails, ce fut une phase douloureuse, que j'arrive néanmoins aujourd'hui à considérer comme un apprentissage précieux qui me servira à l'avenir, notamment si je continue dans le fascinant domaine de l'aide au développement. Avec le recul, cette période de doutes, de frustrations et de remise en question était salutaire pour IMBEWU, mais également à un niveau personnel (mes remises en question étant habituellement plutôt rares...). Cette période m'a fait comprendre un aspect de ce travail que je n'avais pas encore véritablement connu, et m'a entraîné dans des « subtilités sud-africaines » que l'on ne peut découvrir qu'en y travaillant. Toute organisation, surtout dans le domaine d'activité qui est le nôtre, traverse des phases délicates; ce fut notre tour! Si elle reste fragile, la situation s'est notablement améliorée depuis début avril et j'ai à nouveau l'impression de travailler constructivement pour développer des projets. Nous avons quelques nouveaux employés qui amènent une énergie et des compétences bienvenues, nous avons beaucoup d'idées et d'ambitions et pouvons maintenant nous donner les moyens de les mettre en ½uvre, ce dont je me réjouis! J'en profite pour vous remercier toutes et tous de votre soutien, passé et futur; nous en avons besoin.

Bref, le reste fonctionne bien et je suis toujours très heureux de pouvoir faire ce que je fais, où je le fais. Ma petite voiture Chico est un peu capricieuse mais ne m'a pas encore lâché de manière majeure, je deviens un fan de cricket en suivant la coupe du monde qui a lieu à la Barbade, je bois toujours des pichets dans mes tavernes, me plains de ce vent permanent qui souffle sur Port Elizabeth (la windy city! ) qui rend la pratique du tennis plutôt aléatoire, et enchaîne les kilomètres avec les diverses visites de Suisses qui se sont succédé depuis le début de l'année, dont Yves Tettamanti, Damien Cottier et Julien Stauffer du comité d'IMBEWU-Suisse, Christoph Schmocker, le directeur de la Roger Federer Foundation ainsi que Jean-Martin Peer et Michel Maurer, une quasi délégation de Festi'neuch (déjà 17 visites d'Helvétie cette année, ce qui limite mon dépaysement!).

Ceux que j'ai eu le plaisir de rencontrer le savent, j'ai également passé 3 semaines en Suisse en février. A l'occasion de l'Assemblée générale d'IMBEWU-Suisse le 16 février dernier, j'ai remis mon poste de président à Yves Tettamanti, qui dirige dorénavant la magnifique équipe d'IMBEWU-Suisse. Celle-ci s'est tellement agrandie dernièrement que je ne connais pas plusieurs des nouveaux venus, que je salue néanmoins et que je me réjouis de rencontrer lors de ma prochaine visite, probablement vers la fin juin... encore et toujours pour cet examen d'Economie politique à l'institut HEI à Genève qui me rend la vie dure... nous n'en dirons pas plus!

Question logement, je suis toujours chez Lynne, l'une de nos Board members qui était au Botswana et qui m'a prêté sa maison dans les beaux quartiers de PE. Ils sont revenus début avril mais devant la difficulté de trouver de quoi se loger « potablement » dans le township et profitant d'un confort prolongé, je suis toujours chez eux! J'ai cependant visité plusieurs appartements ou townhouses (petites maisons dans des complexes sécurisés) et suis sur le point de louer un appartement avec vue sur l'océan et sur... la construction du stade de foot pour la Coupe du monde 2010!! Je vais pouvoir rapporter à Sepp Blatter si les choses suivent leur cours! J'ai toujours, à moyen terme, l'intention d'investir dans une petite maison dans le township mais comme pour investir, il faut du pognon et la bonne occasion, je patiente. En attendant, je me retrouve à être beaucoup partout et un peu nulle part!

Il faut dire que je ne passe que peu de temps à la maison et que le boulot me prend passablement d'énergie. Une seule anecdote, pour la route: je suis sur le cas d'un gangster notable... En effet, 2 jeunes qu'IMBEWU parraine et qui vivent – seuls - dans des conditions absolument terribles, ont un frère aîné de 22 ans, Lwazi, qui est le leader d'un gang. Lui et son gang sortent le soir à main armée et vont tauper ce qui est propriété d'autres personnes. La journée, ils roupillent et picolent dans la « maison », empêchant les 2 enfants parrainés de vivre une vie « normale » et mettant leur vie en danger. Lwazi représente l'exemple typique de tant de jeunes qui ne vont pas à l'école, qui n'ont aucune éducation académique et pour qui l'horizon s'arrête à l'orée de leur bidonville. Ils n'ont aucun espoir, aucune confiance en eux, des frustrations énormes et aucune autre activité pour survivre que le vol et la criminalité (cf. ci-dessous: « L'Afrique du Sud et la criminalité »).

Durant les fêtes de Pâques, leur maman, qui vit à Cape Town avec le SIDA en phase terminale, est venue à PE. Je me suis retrouvé à faire l'intermédiaire entre tous les membres de la famille et essayer de trouver un semblant de solution. Après quelques discussions difficiles, animées et émotionnelles, j'ai réussi à nouer une sorte de relation de confiance avec Lwazi. Comme je devais aller faire une commission en ville avec la maman et que j'étais accompagné par Andy, un bénévole suisse-alémanique, j'ai pris un risque en demandant à Lwazi de s'en occuper jusqu'à ce que je sois revenu! Mon Andy, aussi grand qu'il est, était vert de trouille! Sa première semaine dans un township et il se retrouvait seul avec un gangster notoire à faire le tour de tavernes situées deep in the location, là où même la police est le plus souvent invisible...

Ce que j'espérais? Faire de celui qui vol et intimide les autres quelqu'un qui avait dorénavant la responsabilité de protéger le visiteur, qui en temps normal aurait été une cible! Pigé? Bingo, ça a marché. Le simple fait d'avoir placé notre confiance en lui, de lui avoir donné une responsabilité et l'occasion de balader un Européen là où aucun n'est jamais allé a changé son attitude du tout au tout. Sourire, fierté et gratitude étaient les sentiments qu'il exprimait. On a certainement pas changé la face du monde (d'autant qu'il n'a pas cessé ses activités criminelles pour autant), mais une prise de conscience s'est effectuée chez lui (selon ses frère et s½ur) et il est prêt à évoluer dans notre sens en participant bénévolement à des activités d'IMBEWU dans le futur. Cela prouve encore une fois l'énorme gâchis dont est victime une grande partie de la jeunesse sud-africaine et l'importance de projets tels que ceux d'IMBEWU, qui contribuent à donner des opportunités, des alternatives et des moyens de s'en sortir aux jeunes de ces quartiers. Le dessin annexé, fait par un enfant parrainé, montre par exemple l'impact que le sport peut avoir auprès des jeunes, comme moyen d'expression et de développement personnel.

Un magnifique slogan (auteur inconnu) trône à l'entrée de l'une de nos écoles partenaires; il dit – et cela n'a jamais été aussi vrai:
« It is better to build children, than to repair men ». C'est une toute belle inspiration!

Last but not least, ma Kim débarque en Afrique du Sud samedi prochain 28 avril jusqu'au 17 mai! Je la rejoins à Johannesburg et nous prenons un vol direct pour Lusaka en Zambie, où nous allons passer quelques jours avant de revenir à PE. Nous n'avons évidemment (!) fait aucun plan de voyage et c'est pour cela qu'il sera sans doute superbe, dans un pays qui a l'air encore très authentique et peu parcouru. Une chose est sûre, nous finirons notre périple à Livingstone, au bord des majestueuses Victoria Falls, l'un des plus beaux sites naturels au monde, là où 4 pays se rencontrent: Zambie, Namibie, Botswana et Zimbabwe!

A la prochaine... je ne donne pas de délais, je pourrais ne pas le tenir!!
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#Posté le dimanche 22 avril 2007 13:09

Modifié le mardi 24 avril 2007 11:32

SOUTH AFRICAN INSIGHT - Tribune libre

22 avril 2007

SOUTH AFRICAN INSIGHT - L'Afrique du Sud et la criminalité

Pour commencer, quelques statistiques au hasard des journaux et des informations fournies par le gouvernement:

- Selon le « South African Police Service », 91 policiers ont été tués en 2005, nombre le plus
élevé au monde (18 aux USA durant la même année...)
- 50'000 viols commis en 2006, dont 50% ayant impliqué des enfants de moins de 18 ans
- Certains criminels doivent répondre de plus de 300 charges (!)

A l'approche de la Coupe du monde de football qui aura lieu en Afrique du Sud en 2010, le débat autour de la criminalité – et de ses conséquences sur l'organisation et le déroulement de la manifestation - fait rage. Malheureusement, le débat est souvent biaisé et prend une tournure raciale, comme tant de sujets ici où les sensibilités sont encore marquées à l'extrême.

Le débat est d'abord politique, entre l'African National Congress (ANC) au pouvoir et « l'opposition » de la Democratic Alliance (DA), à majorité blanche. Il est ensuite médiatique, où le sensationnalisme à l'américaine des child rapes, road rages et autres hijackings font la une, enflammant la paranoïa et les sensibilités. Ceci se retrouve dans les nombreux courriers des lecteurs, où l'on sent très fort – bien qu'à mots à demi couverts - la rupture raciale, même si personne n'ose s'y aventurer totalement. Si la criminalité touche tout le monde, elle est avant tout – et pour des raisons « évidentes » – commise par des personnes noires (cf. ci-dessous). Les blancs sont souvent dépités, voir apeurés, alors que la population noire est généralement plus « réaliste » et « habituée », ayant par le passé subi le « crime d'Etat » et la violence sous toutes ses nombreuses formes. La population blanche se retrouve aujourd'hui vulnérable, après avoir été surprotégée dans le cadre d'un Etat policier qui appliquait un contrôle quasi-total sur les mouvements et les actions des « non-blancs ». Dans la vie quotidienne, cette « paranoïa » (malheureusement plutôt légitime) fait boule de neige, par l'érection quasi systématique d'immenses murs autour des maisons, avec fils de fer électriques, alarmes et réponse armée. Certaines maisons ont même des grilles de protection à l'intérieur, pour protéger les chambres à coucher la nuit!

L'illustration la plus éloquente de cette situation vient du président sud-africain lui-même, Thabo Mbeki! Son bilan intérieur est largement noirci par cette criminalité que son gouvernement n'arrive pas à endiguer. Il est parfois même accusé de ne pas en faire assez, l'une des raisons provenant – selon certains - du fait que la criminalité est entre autres le fait d'anciens combattants de l'ANC, laissés pour compte et frustrés de ne pas profiter des fruits de leur lutte anti-apartheid, contre lesquels l'ANC au pouvoir serait plutôt complaisante, voire solidaire. Thabo Mbeki s'attaque régulièrement à « certains blancs racistes » qui « se plaisent à critiquer l'action de son gouvernement et qui quittent le pays en exagérant la menace sécuritaire ». Mais ce même Thabo Mbeki vient de construire, en mars, un mur de sécurité de ZAR 90 millions (~ CHF 16 millions!!) autour de sa villa à Johannesburg!! Comme beaucoup de politiciens qui veulent aussi défendre leur bilan, la faute est quasi systématiquement mise sur le dos de l'apartheid, cause légitime – mais parfois un peu trop facile - de tous les maux actuels.

On l'a dit, la criminalité est avant tout le fait de personnes noires. En voici, selon moi, quelques humbles raisons:

1)
Les différences sociales en Afrique du Sud sont (de plus en plus?) absolument immenses. Bien qu'une « classe moyenne » noire émerge à une vitesse extraordinaire, la majorité se retrouve, 13 ans après l'avènement de la démocratie, encore largement exclue de l'économie formelle et souvent livrée au désespoir et à la frustration. Si les statistiques « officielles » donnent un taux de chômage national oscillant entre 25 et 40%, certains townships et régions rurales en sont à 80%! Les personnes qui travaillent le font souvent pour des salaires de misère alors que le coût de la vie est élevé. Selon le « African Peer Review Mechanism » de 2006, 55% des Sud-Africains vivent en dessous du seuil de pauvreté. L'étude démontre par ailleurs une corrélation persistante entre la pauvreté et la couleur de la peau. Selon les statistiques du « United Nations Development Programme », 61% des Africains sont pauvres en Afrique du Sud, alors que seuls 1% des blancs le sont.

2)
Selon beaucoup de personnes noires d'un certain âge qui subissent elles aussi cette violence et qui la condamnent avec la plus grande fermeté, les jeunes d'aujourd'hui ne « savent pas pourquoi ils sont là » et ne se rendent plus compte de la signification et de la valeur du mot « liberté ». La génération précédente, souvent éduquée selon des traditions très strictes et conservatrices, s'est battue contre un ennemi commun, l'apartheid, qui unissait leurs forces et motivait leurs actions pour un idéal de paix et de démocratie. Si leurs qualifications académiques sont pauvres, ils ont en eux une humanité et des valeurs pour lesquelles ils se sont battus, souvent au prix de leur vie ou de celle de membres de leur famille.

Au contraire, beaucoup de 15 à 35 ans d'aujourd'hui ont grandi dans une période de l'histoire sud-africaine qui ne leur offrait aucune chance, aucun débouché. Trop jeunes pour avoir réellement participé à la lutte anti-apartheid mais n'ayant pas eu d'enfance et de scolarisation normale à cause des événements politiques et de la violence des années 1975 à 1994, ils se retrouvent aujourd'hui dans un pays « libre » politiquement (le but ultime de leurs parents), mais pris dans les filets d'un monde globalisé qui les a laissé sur place, sans qualifications, sans emplois et sans perspectives, survivant dans des bidonvilles où le mot « liberté » n'a que peu de sens. Aussi, cette génération communément appelée la « génération perdue » n'est-elle exposée qu'aux aspects négatifs de cette globalisation: chômage, immigration clandestine, prostitution, drogue et violence organisée et accès seulement virtuel au monde qui les entoure.

3)
Cette génération a aussi généralement grandi sans cadre familial ou au sein de familles déchirées. L'histoire, la ségrégation et la violence de l'apartheid, comme la pauvreté, la maladie et le manque d'éducation font qu'il est quasiment impossible de trouver une famille « normale » dans un township, avec papa, maman et les enfants. Ces jeunes n'ont donc aucun repères, aucune confiance en eux, aucun espoir et sont à ce titre les victimes actuelles malheureuses du régime de l'apartheid. Dans de telles circonstances (que je constate quasi quotidiennement de par la nature du travail d'IMBEWU), la vie n'a que très peu de valeur, d'où une criminalité extrêmement violente où il n'est pas rare de se faire descendre pour quelques centimes. Chaque occasion devient bonne pour voler quelque chose, même dans les écoles qui se retrouvent sans électricité car les fils électriques en cuivre sont sans cesse volés! L'on retrouve ce manque de valeurs dans le nombre de viols, où l'autre personne ne compte pas, est un animal dans la jungle. On retrouve ce manque de valeurs sur la route, où l'immaturité de la conduite de certains est impressionnante: le seul mois de décembre 2006 a vu plus de 1'400 personnes mourir sur les routes sud-africaines! On retrouve ce manque de valeurs dans le désespoir de jeunes adolescentes, qui choisissent d'avoir des enfants au seul motif de recevoir la pension du gouvernement (à peine CHF 100.- par mois, souvent leur seul source de revenus). C'est également cette génération qui est aujourd'hui frappée de plein fouet par le SIDA, qui touche entre 14% et 40% de la population selon les régions...

4)
La transition démocratique sud-africaine étant un processus d'une complexité immense, la difficulté du rôle des services de police et du système judiciaire s'en ressent. La diversité raciale, l'histoire trouble encore très récente, les différences de mentalités, de culture et de compétences au sein même de ces départements permettent difficilement de distinguer une direction claire. Il y a une bonne volonté générale évidente, mais celle-ci est souvent estompée par une corruption grandissante, par le manque de structures, de compétences et de moyens financiers pour être à la hauteur de ce que la situation requiert.

5)
Enfin, une immigration clandestine très importante provenant notamment de pays sub-sahariens à la situation politico-économique intérieure très instable tels que le Zimbabwe, la République Démocratique du Congo et le Nigéria, exacerbe les tensions, la lutte pour les emplois, le racisme entre Africains et le climat général de violence.

Ce contexte socio-économique où une pauvreté et un chômage lancinants côtoient une richesse incroyable, où le « 1er monde » côtoie le « tiers-monde », où des cultures et des mentalités si diverses doivent cohabiter, en plus du contexte historique lourd du pays, d'une évolution politique et économique qui ne bénéficie encore qu'à une minorité - souvent directement liée au parti de l'ANC au pouvoir, et la perte de valeurs et d'identité familiale et culturelle sont quelques raisons qui peuvent servir d'explication. Bien d'autres pays font face à des problèmes similaires sans connaître une criminalité si vive et d'une telle violence. LA vraie raison – s'il en existe une - demeure pour moi et pour beaucoup une inconnue. Sans doute la complexité de la situation sud-africaine, dont une esquisse est présentée ci-dessus, représente-t-elle un début de réponse.

Pour terminer, je tiens à souligner que si les townships souffrent d'une violence domestique importante propre à tout contexte de pauvreté, la criminalité est tout aussi importante au centre-ville ou dans les quartiers riches, bien que ceux-ci soient souvent ultra-protégés. D'ailleurs, mes mésaventures de décembre dernier (attaques au couteau et au pistolet, voir ci-dessous), se sont toutes passées dans l'un des endroits les plus huppés de la ville, à quelques mètres de la plage. En 7 ans d'expériences de vie dans les townships, je me suis fait voler 2 téléphones portables et il n'est jamais rien arrivé de grave (mise à part une attaque à l'arme blanche) à nos plus de 200 visiteurs depuis 2001, qui ont passé un total de 2'700 jours dans les townships!

Il faut donc absolument veiller à éviter de tomber dans la paranoïa, mais il est essentiel de toujours être conscient de la situation et de prendre les mesures adéquates et réfléchies. La perspective de la Coupe du monde de football 2010 est réjouissante dans la mesure où elle suscite le débat et oblige les autorités à une quelconque action d'importance. Il paraît en effet difficilement concevable d'espérer accueillir des centaines de milliers de touristes dans ces conditions, où le simple fait de marcher dans une rue du centre de Port Elizabeth devient une sorte de combat. Ou alors les gros Allemands et Anglais tout rouges et bourrés à la bière auront fort à faire... cela limitera au moins peut-être certaines velléités « hooliganistes »!

N'hésitez pas à faire part de vos commentaires ou remarques!
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#Posté le dimanche 22 avril 2007 13:03

Modifié le lundi 23 avril 2007 13:55

Silence assourdissant...

6 février 2007

Messieurs Dames...

Je le savais et vous avais averti, régulièrment mettre à jour ce blog serait dur... très dur! Mais j'y crois toujours (et j'espère que vous aussi!). Aussi, pour la bonne forme, voici quelques lignes pour vous garantir des nouvelles fraîches d'ici à la mi-février, en bonne et due forme. En effet, je suis de retour en Suisse depuis fin janvier jusqu'au 18 février... notamment pour passer une grosse M**** d'examen d'économie politique! Les aventures palpitantes de mes premières semaines sud-africaines me parraissent déjà bien loin, le nez dans le bouquin au grand calme helvétique... Une fois la "pression" relâchée, tout rentrera dans l'ordre et je m'appliquerai à la mise à jour de ce blog avec le plus grand sérieux.

En attendant, je vous salue et vous donne rendez-vous le vendredi 16 février prochain à 19h00 à l'Assemblée générale ordinaire d'IMBEWU-Suisse qui aura lieu à la Salle du Faubourg, en dessus du Service des automobiles à Neuchâtel (inscriptions à suisse@imbewu.org).
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#Posté le mardi 06 février 2007 11:05

Modifié le dimanche 22 avril 2007 13:33

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